VIVA Logone: La Banque mondiale tape du poing sur la table à Maga et Yagoua

En mission de supervision les 26 et 27 février 2026, la Banque mondiale a exprimé sa vive insatisfaction sur la qualité de certains travaux du Projet VIVA Logone. Entre canaux inachevés, finitions perfectibles et digue du lac de Maga fragilisée, l’institution financière exige des mesures correctives urgentes pour garantir la durabilité de ces infrastructures stratégiques dans l’Extrême-Nord.
La mission technique de supervision de la Banque mondiale s’est montrée particulièrement exigeante lors de sa descente de terrain effectuée les 26 et 27 février 2026 à Maga et à Yagoua, dans le cadre du Projet VIVA Logone. Conduite par les consultants Rodrigue Ndjapou Yopo et Jean Marie Noireau, la délégation a évalué l’état d’avancement des travaux hydrauliques en cours, avec un regard critique sur la qualité des réalisations.
À Maga, les experts ont inspecté les travaux de labour et d’aménagement des canaux de drainage au niveau des ouvrages de pompage OP3 et OP4. Si les canaux de drainage de l’OP3 sont jugés presque achevés, les travaux de l’OP4 se poursuivent encore, sans difficulté majeure signalée. Toutefois, au-delà du taux d’exécution, c’est la qualité globale des finitions et la durabilité des aménagements qui préoccupent la mission.
La délégation a également visité la digue de retenue d’eau du Lac de Maga, infrastructure stratégique pour l’irrigation et la régulation des crues dans le bassin du Logone. Le constat dressé met en lumière la nécessité d’un entretien général approfondi. Les experts ont relevé le besoin urgent de renforcer les talus et de colmater plusieurs « renards » observés sur l’ouvrage, ces infiltrations pouvant fragiliser la structure à moyen terme. Face à ces insuffisances, des mesures plus énergiques ont été annoncées afin d’assurer un renforcement complet et durable de la digue.
La mission s’est poursuivie le lendemain dans le secteur SEMRY à Yagoua, autre zone clé du Projet VIVA Logone. Là encore, les équipes ont passé au crible l’exécution des travaux d’aménagement hydro-agricole. Si certains indicateurs d’avancement sont jugés encourageants, la mission de supervision insiste sur le respect strict des normes techniques et des cahiers de charges.
À travers cette visite de terrain, la Banque mondiale entend rappeler aux entreprises adjudicataires et aux responsables du projet que la performance ne se mesure pas uniquement en délais, mais surtout en qualité et en durabilité des infrastructures. Dans une région régulièrement exposée aux aléas climatiques et aux inondations, la solidité des ouvrages hydrauliques demeure un enjeu majeur pour la sécurité des populations et la relance agricole.
À.L

