Sénégal : Le Parlement adopte la loi créant un nouveau régulateur des médias

Au Sénégal, les médias exercent depuis plusieurs années dans un contexte de tensions récurrentes. D’après le classement mondial de la liberté de la presse publié en 2025 par Reporters sans frontières (RSF), le pays se situe au 74ᵉ rang sur 180.
L’Assemblée nationale sénégalaise a adopté mardi 3 mars le projet de loi portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement du Conseil national de régulation des médias (CNRM).
Cette adoption marque la disparition du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA), dont l’action se limitait essentiellement aux médias audiovisuels traditionnels, à savoir la radio et la télévision. Avec le CNRM, les autorités entendent mettre en place un dispositif de régulation plus cohérent, inclusif et mieux adapté aux profondes transformations du secteur de l’information et de la communication.
L’Assemblée nationale a adopté ce mardi 03 mars le projet de loi portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement du Conseil national de Régulation des Médias (CNRM). Cette réforme acte ainsi la fin du Conseil national de régulation de l’audiovisuel…
« Cette extension inclut notamment la presse écrite, la presse en ligne, les éditeurs de services, les producteurs, les diffuseurs, les distributeurs de services, (quelle que soit la technologie utilisée ou le mode de diffusion adopté), la communication audiovisuelle, les plateformes numériques et les plateformes de partages, les créateurs de contenus, les médias et plateformes étrangers accessibles sur le territoire national », précise le Parlement Senégalais.
Cette réforme intervient dans un contexte régional marqué par de vives inquiétudes concernant la liberté de la presse. Au Sénégal, le secteur des médias évolue depuis plusieurs années dans un environnement sous tension. Entre 2019 et 2024, le pays a enregistré un net recul au classement de Reporters sans frontières (RSF), passant de la 49ᵉ à la 94ᵉ place.
Ce repli s’explique par un contexte marqué par la multiplication des atteintes aux droits des journalistes, avec des interpellations de professionnels de l’information et des suspensions temporaires de chaînes, des mesures que RSF juge disproportionnées.
Face à la détérioration du climat médiatique, des organisations professionnelles, comme la Convention des jeunes reporters du Sénégal (CJRS), ont, avec le soutien de RSF, organisé en février des ateliers de formation visant à mieux documenter les violations et à renforcer la sécurité des journalistes.
Pour rappel, selon le classement mondial de la liberté de la presse publié en 2025 par RSF, le Sénégal occupe la 74ᵉ place sur 180 pays.
Agence Écofin

