Réfugiés : Le Cameroun et le HCR misent sur l’inclusion économique pour transformer la présence des déplacés en moteur de développement local

Le Cameroun et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) entendent franchir une nouvelle étape dans la gestion des réfugiés et des déplacés internes en plaçant leur inclusion économique et sociale au cœur des stratégies de développement local.
La rencontre tenue le 3 mars 2026 à Yaoundé, les autorités camerounaises et le HCR ont réaffirmé la nécessité de transformer la présence de ces populations en un levier de croissance et de cohésion sociale dans les zones d’accueil. Le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey, a reçu le 3 mars 2026 Raouf Mazou, haut-commissaire assistant chargé des opérations au HCR et sous-secrétaire général des Nations unies. Les discussions ont porté sur la nécessité de dépasser le modèle purement humanitaire pour faire des réfugiés et des déplacés des acteurs à part entière du développement local. Cette approche reflète un changement de paradigme stratégique, visant à intégrer les populations déplacées dans les systèmes économiques et sociaux nationaux de manière productive et durable.
Le Cameroun accueille aujourd’hui l’une des plus importantes populations de réfugiés de la sous-région. Selon le portail des données du HCR, le pays comptait 406 144 réfugiés et plus d’un million de déplacés internes au 28 février 2026. Ces chiffres traduisent une pression humanitaire significative, mais aussi une opportunité pour dynamiser les économies locales si les compétences et l’énergie de ces populations sont valorisées.
Pour les autorités camerounaises et le HCR, il est essentiel de mettre en place des mécanismes d’inclusion économique permettant aux réfugiés de contribuer activement à la vie locale. Cela implique de faciliter l’accès au marché du travail, de promouvoir l’entrepreneuriat et de soutenir les initiatives génératrices de revenus. L’objectif est de transformer les défis liés à la présence de ces populations en opportunités de croissance et de développement territorial.
Un point central des discussions a été l’identité légale des réfugiés et des déplacés. Selon le ministère de l’Économie, disposer d’une documentation officielle constitue une condition indispensable pour accéder aux services sociaux, bénéficier d’une protection juridique et participer formellement à l’économie. La possession d’un statut légal permet également de réduire la dépendance à l’aide humanitaire et de créer un cadre propice à l’autonomisation.
Présent au Cameroun depuis les années 1960, le HCR est un partenaire historique dans la protection, l’assistance et la recherche de solutions durables pour les populations déplacées. Sa Stratégie de transition 2022-2026 vise à intégrer progressivement les réfugiés dans les systèmes nationaux d’éducation et de santé, tout en facilitant leur accès à la documentation civile et aux opportunités économiques. Ces mesures visent à redonner dignité et perspectives aux personnes déracinées, en leur offrant les moyens de reconstruire leur vie dans la dignité et la sécurité.
La visite de Raouf Mazou s’inscrit dans une série de consultations avec les autorités camerounaises et les partenaires techniques et financiers, tels que le ministère des Relations extérieures et la Banque mondiale, impliqués dans la gestion des questions migratoires et humanitaires. Les échanges ont permis de réaffirmer un engagement commun en faveur de la protection des populations déplacées, de leur inclusion sociale et économique, et de leur participation active au développement local.
Cette approche traduit une volonté claire du Cameroun et du HCR de transformer la présence des réfugiés et des déplacés en moteur de développement local, en mobilisant leurs compétences et en soutenant leur insertion dans les circuits économiques et sociaux. Au-delà de l’assistance humanitaire traditionnelle, l’objectif est de construire un modèle durable où la résilience, l’autonomisation et la participation active des populations déplacées deviennent des leviers essentiels de cohésion sociale et de croissance économique dans les régions d’accueil.
Charles Eto’a

