Ngaoundéré : Offensive renforcée contre le VIH/Sida et les IST chez les jeunes

Face à la persistance des infections sexuellement transmissibles et du VIH/Sida chez les jeunes, le Groupe technique régional Adamaoua de lutte contre le VIH/Sida a tenu une importante rencontre le 10 février 2026 dans la ville de Ngaoundéré.
Cette concertation a réuni l’ensemble des acteurs impliqués dans la prévention et la prise en charge afin de renforcer les stratégies de sensibilisation et de dépistage en direction de la jeunesse. Autour de la table se trouvaient leaders associatifs, mouvements de jeunesse, partenaires techniques, personnels de santé ainsi que responsables d’établissements scolaires et universitaires. Tous ont réaffirmé leur engagement à intensifier les actions de communication et de prévention. Des messages ciblés, des campagnes de dépistage, de suivi médical et de prise en charge des personnes infectées vont ainsi se poursuivre tout au long de l’année 2026. L’objectif est de réduire significativement la propagation du VIH/Sida et des autres IST au sein d’une frange de la population particulièrement exposée.
Pour le Dr Moubarak Djibril, coordonnateur du Groupe technique régional Adamaoua de lutte contre le VIH/Sida, les efforts doivent être multipliés afin d’atteindre efficacement les jeunes. Selon lui, « les sensibilisations doivent se poursuivre et être renforcées, car les jeunes représentent une part importante de la population et demeurent fortement exposés aux infections ». Il a également insisté sur l’importance de l’implication des structures éducatives et des associations pour relayer les messages de prévention.
Au niveau national, les données issues de l’enquête CAMPHIA 2024/2025 révèlent qu’environ 21 000 nouvelles infections au VIH ont été enregistrées au Cameroun en 2025. Le ministère de la Santé publique indique que l’incidence annuelle du VIH est estimée à 0,15 % chez les personnes âgées de 15 à 49 ans. Cette incidence reste plus élevée chez les femmes, avec 0,24 % contre 0,06 % chez les hommes, soit un taux quatre fois supérieur.
La prévalence nationale du VIH dans cette tranche d’âge est évaluée à 2,6 %. L’étude met en évidence une féminisation de l’épidémie, avec une prévalence de 3,6 % chez les femmes contre 1,6 % chez les hommes. Ces chiffres confirment la nécessité de poursuivre les efforts de prévention et d’accompagnement, en particulier auprès des jeunes et des femmes.
Dans la région de l’Adamaoua, les acteurs de la lutte contre le VIH/Sida entendent ainsi renforcer la coordination des interventions, multiplier les campagnes de sensibilisation dans les établissements scolaires et universitaires et promouvoir le dépistage volontaire. Une mobilisation jugée indispensable pour préserver la santé de la jeunesse et protéger les forces vives nécessaires au développement du pays.
M.B

