Lutte contre la corruption : Le Cameroun stagne malgré la multiplication des institutions

Le Cameroun ne parvient toujours pas à améliorer son image en matière de lutte contre la corruption. Selon l’Indice de perception de la corruption (IPC) publié le 10 février par Transparency International, le pays obtient un score de 26 sur 100 et se classe 142ᵉ sur 182 pays. Un résultat identique à celui de l’année précédente, mais qui traduit une stagnation préoccupante. Au sein de la zone CEMAC, le Cameroun figure parmi les pays les plus touchés par le phénomène, se positionnant comme le deuxième pays le plus corrompu de la sous-région, derrière le Gabon, mais devant le Tchad, le Congo et la République centrafricaine.

Ce classement confirme une perception persistante de corruption généralisée au sein des institutions publiques. Les secteurs les plus souvent cités par les citoyens restent la police, la justice, les douanes et la gestion des marchés publics. Malgré les discours officiels et les réformes annoncées, les pratiques illicites continuent de peser sur la gouvernance et sur la confiance des populations.

Pourtant, au fil des années, plusieurs structures ont été mises en place pour combattre ce fléau. La Commission nationale anticorruption (CONAC), l’Agence nationale d’investigation financière (ANIF) et d’autres organes de contrôle et de régulation ont été créés pour renforcer la transparence, traquer les détournements et assainir la gestion publique. Mais sur le terrain, la corruption continue de « se frayer son petit chemin », selon de nombreux observateurs, alimentée par des pratiques quotidiennes ancrées dans certains services administratifs et par la faiblesse des sanctions.

L’écart entre les dispositifs institutionnels et les résultats concrets alimente le scepticisme. Plusieurs analystes pointent l’insuffisance de moyens, la lenteur des procédures judiciaires et l’absence de poursuites exemplaires comme autant de facteurs limitant l’efficacité des mécanismes anticorruption. Dans ce contexte, la multiplication des structures n’a pas encore produit les effets escomptés en termes de réduction tangible du phénomène.

À l’échelle mondiale, le rapport de Transparency International dresse également un constat préoccupant : la moyenne globale de l’IPC s’établit à 42, et plus des deux tiers des pays évalués obtiennent une note inférieure à 50. Si certains États ont enregistré des progrès depuis 2012, d’autres, dont le Cameroun, demeurent dans une dynamique de stagnation.

La persistance de la corruption constitue ainsi un défi majeur pour le pays, tant sur le plan économique que social. Au-delà des classements internationaux, les attentes des citoyens restent fortes quant à une application effective des lois, à la responsabilisation des gestionnaires publics et à des résultats concrets dans la lutte contre les pratiques illicites.

A.H

Observateur Septentrion

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