2ème pont sur la Bénoué : Paul Biya sollicité pour un gré à gré de 201,4 milliards FCFA sur fonds Deutsche Bank SAE
Le projet de construction d’un second pont sur le fleuve Bénoué à Garoua reste suspendu à une autorisation présidentielle pour recourir à une procédure de gré à gré. Évalué à 201,4 milliards FCFA et inscrit au Plan de travail 2026 du Ministère des Travaux publics du Cameroun, le chantier dépend aussi d’un décret d’indemnisation attendu à la Primature.
Annoncé depuis 2022, le projet de construction d’un second pont sur le fleuve Bénoué, dans le département de la Bénoué (région du Nord), peine à franchir l’étape décisive menant à son exécution. Selon le ministère des Travaux publics (Mintp), le dossier est actuellement suspendu à l’autorisation de la présidence de la République pour engager une procédure de gré à gré, attendue au ministère des Marchés publics.
L’enjeu financier est de taille : le marché est estimé à 201,4 milliards FCFA pour l’exercice 2026. Le financement est adossé à une convention signée en mai 2024 avec la Deutsche Bank SAE, dans le cadre d’un partenariat conclu avec un groupement d’entreprises espagnoles, notamment Levantina Ingeniería Y Construcción S.L. et Tecopy-Lic. D’autres bailleurs pourraient, à terme, rejoindre le tour de table.
Sur le plan technique, le projet prévoit la construction d’un pont long de 550 mètres, assorti d’une voie d’accès de 11,7 kilomètres. Présenté comme un ouvrage structurant, il vise à fluidifier la circulation dans la ville de Garoua et à améliorer la desserte dans cette partie stratégique du Nord-Cameroun.
Mais au-delà de l’autorisation de gré à gré, un autre verrou administratif subsiste : le décret d’indemnisation des personnes impactées par le projet, dont la signature est attendue du Premier ministre. Pour le Mintp, ces deux documents constituent les préalables indispensables au lancement effectif des travaux.
Dans sa feuille de route 2026, le ministère prévoit un suivi rapproché du traitement du décret d’indemnisation au ministère du Cadastre et des Domaines ainsi qu’à la Primature. Il ambitionne également d’obtenir le feu vert présidentiel via le ministère des Marchés publics, et de mettre en place le comité d’examen des offres de l’entreprise adjudicataire et de la mission de contrôle.
Par ailleurs, un suivi est annoncé auprès du ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire afin de sécuriser la mobilisation des financements.
Malgré l’inscription du projet au Plan de travail 2026, son calendrier demeure tributaire de la levée de ces contraintes administratives. À Garoua, l’attente se prolonge autour d’un chantier présenté comme stratégique pour le développement économique et la mobilité dans la région du Nord.
Anastasie F. Bolda

