Ngaoundéré : Les robinets à sec

La pénurie d’eau s’aggrave dans plusieurs quartiers en plein Ramadan dans le chef-lieu de la région de l’Adamaoua. Camwater impuissante ravitaille les populations avec une citerne.

Depuis près de deux semaines, une grave pénurie d’eau frappe plusieurs quartiers de la ville de Ngaoundéré, plongeant des milliers de ménages dans une situation particulièrement difficile. Les habitants de Bamiyanga, Beka, Sabongari, Setuba, Bamiyanga-Mbitou, Baladji 1 et 2, Béka-Hosseré, Haut Plateau, Madagascar et Tongo Galdima vivent au rythme des robinets à sec. Dans certaines zones, la situation dure déjà depuis 13 jours, tandis que dans d’autres quartiers comme Murdock, Beka et Bamiyanga, les populations affirment être privées d’eau depuis près de 20 jours.

Face à cette crise qui paralyse la vie quotidienne, aucune communication officielle claire ne filtre de la Camwater. Les usagers déplorent un silence qui alimente incompréhension et frustration, d’autant plus que cette pénurie survient en pleine période de Ramadan, moment où les besoins en eau sont particulièrement importants pour les ménages.

Du côté de la société en charge de la distribution de l’eau potable, les responsables évoquent un système de ravitaillement ponctuel par camion-citerne pour desservir certains quartiers affectés par les coupures. Une solution jugée largement insuffisante par les populations, qui doivent parfois parcourir de longues distances ou attendre plusieurs heures pour espérer obtenir quelques bidons d’eau.

Devant l’ampleur des coupures, une grande partie des habitants s’est tournée vers des sources alternatives. Les forages installés par l’Agence régionale du FEICOM, notamment celui situé au quartier Beka central Sonel, sont pris d’assaut chaque jour. Le forage de l’Évêché constitue également un point de ravitaillement très fréquenté, où de longues files de bidons se forment dès les premières heures de la matinée.

Cette situation relance le débat sur l’accès durable à l’eau potable dans les régions septentrionales du Cameroun. En 2012, le Président de la République avait annoncé un vaste programme de construction de 3000 forages dans les trois régions du Nord. Pourtant, selon les données disponibles, seulement 192 forages ont été réalisés dans les 21 communes de la région de l’Adamaoua à ce jour.

Pour de nombreux habitants de Ngaoundéré, cette pénurie met une fois de plus en lumière la fragilité des infrastructures d’approvisionnement en eau et l’urgence de solutions durables. En attendant une amélioration de la situation, les populations continuent de s’organiser tant bien que mal pour trouver de l’eau, ressource vitale devenue rare dans la capitale régionale de l’Adamaoua.

BM

Observateur Septentrion

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *