Réaction : Aliou Issa, président du Conseil régional de l’Adamaoua « Nous avons décidé de recruter des médecins vacataires »

Quels sont les priorités de votre budget 2026 ?
Nous venons de clore les travaux de la 18e session du Conseil régional de l’Adamaoua. Les représentants des départements ainsi que les chefs traditionnels ont adopté un budget d’environ 17 milliards de francs CFA. Cela représente une augmentation de plus de 100 % par rapport au budget précédent, qui était inférieur à la moitié de ce montant. C’est un budget très important pour l’Adamaoua, afin que notre région devienne ce qu’elle doit être : une région centrale, dotée de nombreuses opportunités dans notre pays. L’Adamaoua regorge d’énormes potentialités, mais elle a longtemps été reléguée à l’arrière-plan. Nous voulons lui permettre de reprendre la place qu’elle mérite.
Ce budget, que nous jugeons très réaliste, bénéficie de plusieurs leviers. La fiscalité locale sera effectivement mise en œuvre. Nous comptons également sur l’appui de partenaires, notamment le programme Prolog, qui nous a dotés de plusieurs milliards de francs CFA. À cela s’ajoutent d’importants transferts de certains ministères. Nous entendons aussi faire de nos ressources propres un levier essentiel du développement régional, car nous ne souhaitons pas dépendre uniquement des dotations diverses.
Combien de kilomètres de routes à réfectionner ?
En termes de répartition, nous avons procédé à une distribution équitable entre tous les départements et arrondissements, en tenant compte de la population de chaque département. Pour l’éducation, nous avons considéré les effectifs des établissements ; pour la santé, le nombre d’hôpitaux ; et pour les routes, nous avons décidé d’intervenir sur l’ensemble du réseau régional, soit plus de 500 kilomètres, en excluant les axes déjà sous contrat. Le linéaire total des routes régionales avoisine le millier de kilomètres.
Nous avons également pris en compte l’environnement. Pour la toute première fois, un programme environnemental bénéficie d’une enveloppe spécifique. Le secteur économique n’a pas été oublié nous organiserons un symposium afin de définir les priorités économiques de l’Adamaoua, en nous appuyant sur l’expertise de certaines personnalités de la région, dans l’objectif de relancer une économie aujourd’hui en difficulté.
Le développement est un tout. Nous avons aussi accordé une attention particulière au sport, avec une enveloppe de 450 millions de francs CFA, une première à ce niveau. Nous avons pris en compte tous les secteurs, car le développement ne se limite pas à la construction d’écoles. Pour la première fois, des allocations sont prévues pour recruter des enseignants vacataires. Il ne sert à rien de construire des salles de classe sans enseignants. De même, face au déficit de spécialistes dans nos hôpitaux, nous avons décidé de recruter des médecins vacataires. Nous avons plus de 90 projets à exécuter en dix mois, dans les délais et avec la qualité requise. C’est un engagement ferme.
Je profite enfin de cette occasion pour remercier Son Excellence Monsieur le Gouverneur pour son accompagnement constant tout au long de ces travaux, ainsi que les conseillers régionaux pour la qualité de leur contribution. Mes remerciements vont également au préfet, aux délégués régionaux et à l’ensemble des autorités qui nous ont soutenu dans ce travail.››
Propos recueillis par Abdouramane Ousmanou

