Aquaculture : Le Minepia renforce les capacités de 30 professionnels

L’objectif est de  booster la production de poissons

Le ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales (Minepia) a clôturé, le 1er février à Yaoundé, un atelier de formation de quatre jours destiné à une trentaine d’agronomes et d’acteurs de la pisciculture venus des dix régions du pays. L’initiative vise à renforcer les compétences techniques des professionnels afin d’améliorer la production locale de poissons et de réduire la dépendance aux importations.

Organisée avec l’appui de la Caisse de Développement de la Pêche Maritime, cette session de renforcement des capacités s’inscrit dans la stratégie gouvernementale de substitution aux importations de produits halieutiques. Selon le Minepia, le Cameroun accuse un déficit annuel d’environ 270 000 tonnes de poissons, pour une demande nationale estimée à près de 500 000 tonnes. L’objectif affiché est de combler progressivement cet écart en dynamisant l’aquaculture et la production locale.

Durant la formation, les participants ont été outillés sur plusieurs aspects clés : gestion des étangs, nutrition des poissons, reproduction artificielle, transformation et techniques post-récolte, notamment le fumage, afin de limiter les pertes et d’améliorer la qualité des produits. Des sessions pratiques ont également été organisées pour permettre aux bénéficiaires de maîtriser les techniques nécessaires à l’accompagnement des pisciculteurs sur le terrain.

Un accent particulier a été mis sur la fabrication locale d’aliments pour poissons, considérée comme l’un des principaux défis de la filière. Le coût élevé des intrants et la dépendance aux aliments importés freinent en effet l’essor des exploitations piscicoles. En renforçant les capacités des professionnels dans ce domaine, le Minepia espère améliorer la rentabilité des fermes aquacoles et accroître la compétitivité du poisson produit localement.

Cette initiative s’inscrit dans le Plan intégré agropastoral et de substitution aux importations de poisson (PIISAH) 2024-2026, qui vise à porter la production nationale à plus de 450 000 tonnes d’ici 2030. À terme, la dépendance aux importations pourrait être réduite à environ 3 % des besoins nationaux.

Le poisson demeure l’une des principales sources de protéines animales consommées au Cameroun, avec une consommation moyenne estimée à 15,4 kg par habitant et par an. Pour les autorités, le développement de l’aquaculture représente ainsi un levier majeur d’autosuffisance alimentaire, de création d’emplois ruraux et de réduction des sorties de devises liées aux importations.

Les participants à l’atelier ont salué une formation jugée opportune. Ils estiment que les compétences acquises leur permettront d’accompagner efficacement les producteurs dans leurs régions respectives, contribuant ainsi à relever le défi de la production halieutique nationale et à combler progressivement le déficit en poisson.

C.E

Observateur Septentrion

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