Pont sur le Danay à Yagoua: L’ouvrage au bord de la rupture

L’inquiétude demeure vive dans le département du Mayo-Danay. Moins d’un an après sa réhabilitation provisoire, le pont franchissant le fleuve Danay présente de graves signes de fragilisation structurelle. Une situation préoccupante qui ravive le souvenir de son effondrement et remet au premier plan l’urgence de sa reconstruction, pourtant instruite par le Président de la République.
Depuis la rupture de cet ouvrage stratégique, le Chef de l’État avait donné des instructions fermes pour sa reconstruction, conscient de son rôle central dans la cohésion territoriale et la continuité des échanges. Dans cette dynamique, le ministère des Travaux publics a annoncé que la reconstruction du pont sur le fleuve Danay figure parmi les projets programmés pour cette année à Yagoua, chef-lieu du département du Mayo-Danay.
Sur le terrain, l’état de l’ouvrage suscite cependant de sérieuses inquiétudes. La réhabilitation sommaire réalisée il y a quelques mois montre déjà ses limites. Fissures visibles, affaissement progressif de la chaussée et fragilisation des culées traduisent une dégradation accélérée, accentuée par l’absence de travaux de fond tels que le curage du lit du fleuve et le renforcement des piliers. Le passage répété de camions lourdement chargés accroît davantage les risques.
Véritable axe vital, le pont sur le Danay assure la liaison entre la ville de Yagoua et plusieurs arrondissements et localités environnantes. Sa rupture éventuelle couperait totalement Yagoua des arrondissements de Vélé, Kaï-Kaï, ainsi que de nombreuses localités du département, isolant ainsi une frange importante de la population du chef-lieu du Mayo-Danay. Une telle situation aurait des répercussions lourdes sur l’administration, l’économie locale et l’accès aux services sociaux de base.
Sur le plan économique, l’ouvrage joue un rôle clé dans l’acheminement des produits agricoles (riz, oignons), du bétail et des marchandises vers les grands centres urbains et les pays voisins, notamment le Tchad. Son effondrement entraînerait une paralysie des flux commerciaux et une hausse significative des coûts de transport.
Au-delà des enjeux économiques, la dimension humaine demeure centrale. Le passage quotidien de centaines d’usagers sur une structure fragilisée fait craindre un drame. Les difficultés d’évacuation des malades vers les structures hospitalières de référence constitueraient un risque supplémentaire pour les populations.
Dans l’attente du démarrage effectif des travaux annoncés par le ministère des Travaux publics, les populations appellent à la mise en œuvre diligente des instructions présidentielles. Pour nombre d’observateurs, la reconstruction durable du pont sur le fleuve Danay demeure un test majeur de l’engagement de l’État en faveur du désenclavement du Grand-Nord et de la sécurisation des infrastructures vitales.
Peter Kum

Observateur Septentrion

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