Figuil/Budget 2026: routes dégradées et désenclavement au cœur des attentes des populations

Réunis en session ordinaire le lundi 22 décembre 2025, les conseillers municipaux de la commune de Figuil ont adopté à l’unanimité le budget primitif de l’exercice 2026. Équilibrée en recettes et en dépenses à hauteur de 1.601.974.476 FCFA, cette enveloppe, en légère baisse par rapport à l’exercice précédent, traduit un contexte financier marqué par la raréfaction de certaines subventions extérieures. Face à ces contraintes, l’exécutif communal dirigé par le maire Mana Messingue mise sur la rigueur budgétaire et la priorisation des investissements structurants.
Les travaux se sont déroulés dans la salle des actes de la mairie, sous la supervision du préfet du Mayo-Louti, Richard Marcel Tam Likeng, représentant de l’État et garant de la tutelle administrative. L’unanimité observée lors de l’adoption du budget a été saluée par l’autorité administrative comme un signal fort de responsabilité et de cohésion au sein du conseil municipal.
Arrêté à 1,601 milliard de FCFA, le budget 2026 enregistre une baisse d’environ 32,8 millions de FCFA comparativement à l’exercice 2025. Une situation que le maire Mana Messingue explique par la diminution de certaines contributions extérieures.
« Cette baisse ne doit pas être perçue comme un frein, mais comme une invitation à mieux cibler nos priorités et à renforcer la mobilisation de nos ressources propres », a-t-il indiqué.
La route Figuil–frontière tchadienne, un enjeu stratégique
Si les secteurs sociaux demeurent au cœur des orientations budgétaires, les attentes des populations se concentrent fortement sur la réfection de la route reliant Figuil-centre à la frontière avec le Tchad. Cet axe transfrontalier joue un rôle majeur dans les échanges commerciaux, le transport du bétail, des produits agricoles et l’approvisionnement des marchés locaux. Aujourd’hui dans un état de dégradation avancée, il constitue un frein sérieux à la dynamique économique et à l’intégration sous-régionale.
À cette voie internationale s’ajoute la situation préoccupante de plusieurs pistes rurales de l’arrondissement, notamment les axes Figuil–Lam, Figuil–Bidzar, Figuil–Tcholliré et les dessertes reliant les villages périphériques aux zones de production agricole. En saison des pluies, certaines localités se retrouvent quasi enclavées, compliquant l’accès aux écoles, aux centres de santé et aux marchés.
Prenant la parole, le préfet du Mayo-Louti a rappelé l’importance du désenclavement dans toute politique de développement local. « Les routes et les pistes rurales ne sont pas un luxe. Elles conditionnent l’activité économique, la sécurité et l’accès aux services sociaux de base », a souligné Richard Marcel Tam Likeng, appelant l’exécutif communal à faire du plaidoyer routier une priorité permanente.
Pour les populations de Figuil, le budget 2026 est donc attendu sur le terrain, notamment sur la capacité de la commune à impulser, seule ou avec l’appui de l’État et des partenaires, des actions concrètes de réhabilitation et d’entretien des routes et pistes rurales. Plus qu’un document financier, ce budget est perçu comme un test de la capacité de l’exécutif communal à transformer la rigueur budgétaire en résultats visibles et durables.
Rukkayah Mohammed

Observateur Septentrion

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